A la Belle époque l’excitation est à son comble dans les cafés concerts. Les Diseuses développent l’art des inflexions pour échapper à la censure, multipliant les allusions à la sexualité. La frontière entre l’artiste et la courtisane, entre la grisette et la lorette, est aussi mince qu’est inépuisable le vocabulaire pour nommer toutes les femmes associées à la prostitution. Pierreuse, demi-mondaine, verseuse, gueuse, syphilitique, mais aussi buveuse d’absinthe, adepte des amours saphiques, dame entretenue qui préfère les vieux, tenancière ou petite bonne d’hôtel, sont les figures centrales des chansons que nous avons choisies : La musique raconte un moment intime de leur solitude. La polissonnerie, la coquinerie et l’humour sont un exutoire bienvenu dans ces vies souvent moins roses que la soie de leurs dessous fripons ! La confusion règne. Le théâtre est le lieu de prédilection des courtisanes, et les jeunes artistes connaissent, pour survivre, la spirale de la prostitution. Nous avons privilégié le répertoire chanté du second empire jusqu’à la belle époque, sans nous interdire quelques incursions plus tardives. Il fallait la vocalité des chansons issues de l’opérette, la grivoiserie des chansons paillardes, la jubilation et la truculence des couplets des Diseuses fin de siècle qui ont pu jouer et dire leur envie de liberté, ce qui est rare, avec quelques chansons puisées, à la grande époque des caf’conc’ Montmartrois, dans le répertoire d’ Yvette Guilbert que nous explorons depuis dix ans. Nathalie Joly et Jacques Verzier

Chansons de Léon Xanrof, Paul De Kock, Harry Fragson, Jules Jouy, Gustave Nadaud, Aristide Bruant, Maurice Rollinat, Maurice Boukay, J. Delettre, R. Lucchesi, Paul De Kock, Yvette Guilbert, ... et quelques chansons populaires.

Interview de Nathalie Joly au Théâtre de Suresnes :



tout Petit Café Polisson flyer.jpg