Genèse du projet

A l'initiative de Geneviève Boivin, le Centre culturel canadien a présenté en 2008 une lecture de Gloria, la si peu glorieuse, texte extrait du roman Le Trou dans le mur de Michel Tremblay (paru en 2006) et adapté par Lionnel Astier et Geneviève Boivin. Par la suite, la création de Gloria, la si peu glorieuse est née d'une rencontre entre l'actrice et la metteur en scène autour d'un même désir : faire découvrir aux spectateurs français l'univers insolite, déjanté et dérangeant de Tremblay, celui de la Main Street, le Pigalle de Montréal.

Michel Tremblay

Image Figure dominante du théâtre québécois, Michel Tremblay s'est aussi imposé comme romancier, traducteur, adaptateur, scénariste, librettiste… En 1968, il prend la scène d'assaut avec Les Belles-sœurs qui déclenche une polémique sans précédent. Dès cette époque, il joue un rôle primordial au sein de la littérature québécoise, défie la domination et la censure du clergé dans la vie intellectuelle, préconise l'égalité des femmes et inscrit dans l'universel la notion d'identité, qu'elle soit culturelle ou sexuelle. Traduite en vingt-six langues, son œuvre est de dimension balzacienne : vingt-six pièces de théâtre, trois comédies musicales, treize romans, un recueil de contes, quatre recueils de nouvelles, sept scénarios, vingt-trois traductions et adaptations et un livret d'opéra où ses innombrables personnages revivent et s'entrecroisent sans cesse. La revue Lire fait figurer Les Belles-sœurs dans sa liste des cinquante pièces à inclure dans la bibliothèque idéale du théâtre des origines à nos jours. Par l'originalité de son style, la diversité de ses modes d'expression et la profondeur de sa vision, Michel Tremblay compte parmi les auteurs marquants de notre temps.

Note de mise en scène

J’ai découvert Gloria lors de sa première présentation au centre culturel canadien en mai 2008. Je trouvai la langue truculente et savoureuse et fus très touchée par la lumineuse implication de Geneviève. Lorsque cette dernière m’a demandé de reprendre l’aventure, j’ai été ravie. J’avais envie de l’amener plus loin, notamment vers la part d’ombre du personnage. Car aller à la rencontre de Gloria, c’est mettre le pied dans une vase épaisse, faite de bêtise, de mensonges, de colères, de rêves brisés, de désirs inassouvis, de vaine fierté et de contradictions sans fond. Il a fallu poser une couche après l’autre, comme on composerait une peinture. Les couleurs se mélangent d’elles mêmes, sans effet de mise en scène. Dans un bar en sous sol, antichambre du paradis ou de l’enfer, Gloria, d’esquives en traits d’humour, raconte sa vérité. Une vérité parmi d’autres mais qui résonne singulièrement en nous.

Geneviève Boivin

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Formée au Conservatoire d'Art Dramatique de Québec puis à l'Université du Québec à Montréal, Geneviève Boivin vient à Paris en 1999 pour participer aux ateliers de l'Ecole du Théâtre National de Chaillot. La France l’adopte !

Ses choix éclectiques l’amènent à cotoyer des univers très divers. Ainsi, elle est Mure dans L'Astronome de Didier Van Cauwelaert ou Angustias pour Antonio Diaz-Florian dans La Maison de Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca ; mais elle joue également Betsy pour la tournée de L'Azalée d'Yves Jamiaque aux côtés de Gérard Rinaldi et incarne Thiana Divac dans le téléfilm Père et Maire, pour TF1.

En 2009 elle est choisie par Anselm Kiefer pour être la récitante de Am anfang, création apocalyptique à l’occasion des 20 ans de l’Opéra Bastille.

Enfin, le timbre de sa voix chaude et profonde envoûte les radios. Elle sera Angèle pour France Culture - La peinture au trois visages et Suivez le guide de J-L Bauer et B. Le Sache, direction de Michel Sidoroff et Myron Merson. En 2011, elle joue Jeanne Toiledevin pour France Inter dans Comité de Lecture de Michel Roux, direction de Christine Bernard-Sugy.

Elle rencontre Michel Tremblay en 2007 et reçoit ses encouragements pour adapter au théâtre le chapitre Gloria la si peu glorieuse tiré du roman Le trou dans le mur. Toute comédienne québécoise a joué à ses débuts une scène d'une oeuvre de Tremblay et a approché l'univers de la « Main » (de « Main Street » : rue principale qui correspond à une partie du Boulevard St-Laurent. Quartier des plaisirs, une sorte de Pigalle montréalais). Travailler, des années plus tard, un texte de cet auteur est donc très émouvant. Et pour Geneviève, faire gouter l'univers et la langue de Michel Tremblay au public français, c'est réaliser une part de son rêve de comédienne : faire le pont entre le Québec et la France.

Delphine Homerville

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Comédienne de formation, elle suit les cours du studio de Bock. Elle s’intéresse plus particulièrement à la méthode Stanislavski et participe à des ateliers dirigés par Jack Waltzer et Niels Arestrup. Elle joue notamment dans L’astronome (Didier van Cauwelaert), La comédie des erreurs (Shakeaspeare) et La chatte sur un toit brûlant (Tenessee Williams). Elle se forme à la direction d’acteur et à la mise en scène aux côtés de Jack Garfein, fondateur de l’Actors studio à Los Angeles, puis à la réalisation auprès de Kim Masse et au sein de l’organisme Altermedia. Elle réalise son premier court métrage Oranges amères en 2008 dans lequel elle interprète le rôle de Cathy, une jeune femme aveugle prise au piège des préjugés. Son second court métrage Trou normand est actuellement en production. Gloria, la si peu glorieuse est sa première mise en scène de théâtre. Le site de Delphine