L’histoire : La Fontaine laisse peu de place à la description, en quelques mots, il dessine un personnage, il esquisse un décor et lance l'action. Alors on voit et on entend la cruche de la laitière tomber, se briser, le lait s'écouler sur le pavé ; on est cette tortue suspendue dans les airs, peu rassurée mais bien trop fière d'être au-dessus des autres... Par un maniement suprêmement habile des codes du langage et de l'écriture, La Fontaine mobilise notre attention. Il stimule et éveille notre imaginaire qui prolonge et achève, malgré nous, l'acte créateur du fabuliste...

Fidèle au texte, la conteuse-danseuse raconte... mais là où le poète ne dit plus, elle laisse aller son imaginaire et développe la narration, à sa façon, avec son corps. Dans une attitude, une démarche, un mouvement de tête ou de regard, elle campe les personnages et rentre dans l'action. Avec grâce et humour elle déploie et prolonge la pensée de La Fontaine.

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Contexte et portée : Les Fables choisies ou Fables, divisées en douze livres et publiés entre 1668 et 1694, valurent à Jean de la Fontaine d’être considéré comme l’Esope ou le Phèdre français, et lui offrirent une gloire rarement égalée. Effectuant un travail de réécriture des fables du Pañcatantra, d’Ésope, de Phèdre, de Pilpay, mais aussi de textes d’Horace, de Tite-Live ou des lettres apocryphes d’Hippocrate, il parvint à transformer un genre antique froid et inanimé, en un genre vivant, poétique et moderne, au point de donner le sentiment qu’il fût l’inventeur même de cette littérature. La célébrité universelle et le génie incontesté de ces Fables sont d’illustrer toutes les faiblesses, les servitudes et les grandeurs humaines, de constituer un véritable répertoire de l’humanité, un tableau complet et satirique de la société.

Bibliographie sélective : - Fables. Livres 1 à 6. Jean de La Fontaine, Guillaume Peureux (éd.). Larousse, 2000. - Fables. Livres 7 à 12. Larousse (Classiques Larousse), 1991. - Fables. Jean de La Fontaine, Jean-Pierre Collinet (éd.). Gallimard (Folio), 1991.

Biographie : Nathalie Le Boucher Nathalie Le Boucher est à la fois conteuse et danseuse de Kathakali. Théâtre dansé de l’Inde, le Kathakali a développé un langage gestuel élaboré et complet permettant de représenter aussi bien un animal, une fleur, un paysage, un objet que d’exprimer toute la palette des sentiments. Après une formation de comédienne, elle part en Inde en 1992 et y séjourne 8 ans au cours desquels, tout en poursuivant son apprentissage du répertoire, elle danse dans les temples et enseigne sa discipline. Parallèlement, elle se forme aux techniques de base du Mohiniattam, danse féminine traditionnelle du Kérala, au style fluide et léger, complémentaire de celui du Kathakali, puissant et énergique. En 1996, elle rencontre Bruno de La Salle qui l’initie à l’art du conte et elle intègre l’atelier Fahrenheit 451. Désireuse d’associer à un contexte occidental la force expressive du Kathakali, elle travaille sur l’association du geste et du mouvement avec l’art de la parole. Sur un ton à la fois empreint de sérieux et d’humour, fidèle à l’esprit narratif indien, elle raconte aussi bien la mythologie indienne que les récits de la petite enfance ou les Fables de La Fontaine, donnant à ces récits un souffle nouveau et une saveur particulière...

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